Mes mains

Je pense souvent à mes mains. Je les regarde beaucoup quand je travaille. Elles sont mon moteur, mon outil le plus précieux.

Ce sont elles qui touchent l’argile, qui façonnent, cherchent, corrigent, recommencent.
C’est par elles que mes idées transitent pour prendre forme dans la matière.

Je prends conscience de leur importance, chaque jour, dans l’atelier.
Elles sont le prolongement de mon inspiration.
Elles parcourent la matière et la lisent mieux que ma tête.
Mes mains savent.
Mes mains guident.
Mes mains osent.

Pendant longtemps, je n’y pensais pas vraiment.
Je travaillais, tout simplement.

Et puis, un jour, j’ai réalisé que mes mains méritaient plus d’attention.
Que je devais en prendre soin, comme on prend soin d’un instrument précieux.

Maintenant, chaque jour, je prends quelques minutes pour les étirer, j’accorde mon attention à chaque articulation. Je fais des exercices simples, des mouvements lents, presque comme une méditation.
C’est devenu un rituel.
Un moment pour remercier mes mains pour ce qu’elles me permettent de créer.

Ces gestes me rappellent que la sculpture est un travail du corps autant que de l’esprit.

Mes mains racontent mon métier.
Elles portent l’histoire de chaque œuvre.
Et à travers elles, c’est toute ma relation à la création qui s’exprime.